|
Les
règles d'or pour prendre les bonnes photos
Comment
se fait-il que mes images soient souvent floues? J'ai
pourtant investi dans un bon appareil ! Inutile de chercher
midi à 14 heures... Lisez-donc ce qui suit si vous
voulez progresser à coup sûr dans la
photographie.
Nous
allons procéder étape par étape de
manière simple. A vous ensuite de faire des recherches
pour aller plus loin.
Voici
les chapitres que je me propose de développer :
-
les différents types d'appareils,
-
le choix de l'objectif, de l'ouverture et de la vitesse
d'obturation,
-
le flash et les accessoires,
-
comment faire le point et cadrer son sujet.
1.
Les différents types d'appareils
Aujourd'hui,
on peut considérer qu'il existe sur le marché
trois types d'appareils, qu'ils soient numériques ou
argentiques (= à pellicule) : les bridges, les
compacts et les reflex. D'autres systèmes,
télémétrique (ex. Leica M7),
moyen-format (ex. Rolleiflex) et grand-format ont aussi leur
place dans le coeur des photographes, passionnés et...
fortunés.
Chacun
de ces appareils a ses avantages et ses inconvénients.
Le
système reflex est le plus complet puisqu'il
autorise le changement de l'objectif, l'ajout de compléments
optiques avec la possibilité de s'assurer d'un bon
cadrage avant la prise de vue directement dans le viseur et
sans décallage visuel. Inconvénient : il est
plus encombrant que le compact qui lui, ne permet que
trop rarement les effets créatifs (bien exposer quand
on est à contre-jour par exemple). De plus, dans le
cas d'un compact numérique, le zoom est souvent
numérique et non-optique. Cela signifique que c'est
l'électronique embarquée qui permettra de
grossir l'image et non le système optique de
l'appareil. Vous verrez beaucoup plus les pixels... Quant
aux bridges, ils se situent entre les reflex et les
compacts au niveau des possibilités.
Les
appareils télémétriques sont prisés
des professionnels du reportage car ils permettent avec
l'oeil qui ne vise pas, de surveiller le sujet. Le point est
fait quand deux images se superposent dans le viseur de
l'appareil grâce au télémètre. Il
est en revanche difficile de faire de la macrophotographie
avec un appareil télémétrique car, comme
pour un compact argentique, l'image obtenue dans le viseur ne
sera pas exactement celle qui sera enregistrée sur le
film ou sur la carte numérique (décallage
visuel). De plus, la mise au point est rarement inférieure
à 80 cm avec un objectif 50 mm (contre 45 cm pour un
reflex argentique).
Si
la photo avec un appareil télémétrique
argentique vous tente, on trouve régulièrement
des appareils pour quelques euros sur eBay et dans les
brocantes. La qualité est en général
excellente car la focale est fixe et très ouverte
(pour prendre des images quand la lumière vient à
manquer). Quelques exemples parmi ceux que je possède
: Canonet QL17 GIII et Yashica
Electro 35 GTN
(voir la photo)... Tous deux datent des années 70.
Je
ne m'étale pas sur les appareils de type
moyen-format et grand-format argentiques : avec ceux à
visée à deux objectifs par exemple, on obtient
une image carrée inversée (genre Rolleiflex).
Le film utilisé est de format 120 (ou 220) et non du
135. La qualité d'image est franchement meilleure car
on a moins besoin d'agrandir le négatif vu que
celui-ci est plus grand à la base.
Il
est dommage que le format 120 ait été
abandonné. Je l'utilise personnellement mais nous ne
sommes plus très nombreux. Là encore, vous
pouvez vous lancer pour quelques dizaines d'euros avec du
matériel ancien et des pellicules achetées par
correspondance si votre détaillant n'en a pas. Il est
ensuite très facile de scanner ses films avec un
scanner à plat pour imprimer ou faire tirer les
photos.
2.
L'objectif, l'ouverture et la vitesse d'obturation
Avec
le système d'exposition, le choix de l'objectif est le
plus important pour un appareil argentique. Pour un
numérique, il faut en plus faire attention à la
qualité du capteur.
Plus
un objectif est ouvert, plus il est en capacité de
faire des images nettes par faible luminosité.
En
gros, les valeurs d'ouverture de diaphragme se répartissent
ainsi : 2 - 2.8 - 4 - 5.6 - 8 - 11 - 16 - 22. Elles sont
indiquées sur la bague ou dans le viseur. Un
objectif ouvert à 5.6 sera deux fois moins lumineux
que son homologue ouvert à 4.
Ces
critères sont très importants à prendre
en compte car à 1:5.6 il faudra que l'appareil adopte
une vitesse d'obturation plus lente qu'à 1:4 pour que
la même quantité de lumière vienne
exposer le film ou le capteur numérique.
L'ouverture
conditionne aussi ce qu'on appelle la profondeur de champ.
Plus l'objectif est ouvert, plus le flou est important à
l'arrière-plan. Cela est idéal pour les
portraits, mais attention de ne pas bouger ! En effet, pour
un objectif de 50mm par exemple, il est recommandé de
ne pas descendre à une vitesse plus basse que 1/60è
de seconde à main levée (soit à peu de
chose près l'inverse de la focale). Idem pour un
téléobjectif : au 200mm par exemple, choisissez
si l'ouverture de votre objectif le permet, une vitesse
d'obturation de 1/250è de seconde ou mieux de 1/500è
de seconde, sous peine de flou (notez que les stabilisateurs
numériques permettent de gagner une ou deux vitesses).
Pour
pallier le manque d'ouverture des objectifs, on utilise
volontiers des films dits rapides (à partir de
400 ISO). Entre un film à 100 ISO et un film à
200 ISO, il y a une valeur d'obturation. Cela signifie que
vous gagnez une valeur d'ouverture de diaphragme, et deux
valeurs si au contraire vous mettez dans l'appareil un film
de 400 ISO. Mais le grain du film est plus important avec un
film de 400 ISO, 800 ISO etc... qu'avec un film de 200 ou de
100 ISO (voire 50 ISO pour certains).
Quid
de Ia qualité maintenant ? Les focales fixes
représentent certainement le meilleur investissement
pour celui qui veut faire des images exemptes de déformations
ou d'aberrations. C'est aussi le meilleur choix car elles
sont ouvertes à 1:2, 1:1.8 voire 1:1.4 ou 1:1:2 (très
rare) pour les plus onéreuses.
Le
zoom quand à lui, évite de se déplacer
pour prendre une image. A l'inverse, il est moins ouvert et
souvent moins coûteux à l'achat aussi. La
qualité des images qu'il fournit est discutable en
terme de piqué (sensation de netteté) surtout
aux deux plus grandes ouvertures.
Ci-dessous
: le reflex Pentax MZ-50 avec un objectif Pentax
autofocus 50mm (ouverture F 1:1.7) et deux zooms (28-70mm F
1:4 constant de marque Pentax, et 80-200mm F 1:3.9 constant,
de marque Tokura).

Pour
terminer ce chapitre, évoquons les types
d'exposition généralement rencontrés
sur les appareils photo. Pour simplifier, nous ne retiendrons
que l'exposition automatique, l'exposition semi-automatique
et l'exposition manuelle.
En
exposition automatique, c'est l'appareil qui fait tout,
l'utilisateur n'a le choix ni de la vitesse, ni de
l'ouverture. C'est souvent le cas des compacts.
En
exposition semi-automatique, pour une vitesse proposée
par l'appareil, vous pouvez choisir le diaphragme, ou
l'inverse, pour une ouverture proposée, c'est à
vous de choisir la vitesse.
En
exposition manuelle enfin, vous avez le choix de la
vitesse et de l'ouverture. En cas de contre-jour par exemple,
vous pouvez plus facilement doser la lumière. Il faut
savoir en effet que les cellules proposent une mesure pour un
sujet aux valeurs moyennes, ni trop blanc, ni trop noir (gris
neutre). Si votre sujet principal est trop clair ou trop
foncé, la cellule sous-exposera ou sur-exposera et
votre image sera soit trop claire, soit trop foncé.
Pour éviter cela, vous devrez donc modifier les
valeurs proposées par l'appareil d'un ou deux points
(IL) en plus ou en moins.
Par
exemple, dans le cas d'un paysage neigeux, la cellule
vous induira en erreur (le rendu de la neige sera bleu) car
elle n'exposera pas suffisamment (elle se croira éblouie,
donc elle proposera une vitesse trop rapide). La neige
possède un coefficient de reflectance très
important et il vous faudra baisser de deux valeurs
l'exposition : par exemple, pour une vitesse proposée
de 1/500è de seconde, vous devrez régler
l'appareil sur 1/125è de seconde sans changer la
valeur de l'ouverture (ou bien augmenter l'ouverture de deux
valeurs pour faire entrer plus de lumière, sans
changer la vitesse, par exemple passer de F16 à F8
tout en restant à 1/500è de seconde).
Dans
le cas contraire, si le sujet principal est trop sombre et
qu'il ne reflète pas suffisamment de lumière
par rapport au gris neutre (exemple d'un cheval noir par
exemple), vous serez contraint d'augmenter la vitesse pour
faire entrer moins de lumière (passer de 1/30è
à 1/125è par exemple) ou de fermer le
diaphragme d'une ou deux valeurs sans toucher à la
vitesse.
Pour
éviter tout problème, n'hésitez pas à
faire une ou deux images supplémentaires en changeant
les valeurs de diaphragme ou de vitesse (cette manoeuvre
s'appelle le "bracketing").
Suite
page 2 (le flash, les accessoires, le cadrage)
|